Je suis enceinte, j’ai mal à la tête, au dos, aux dents... Puis-je-prendre un antalgique ?
Seul le paracétamol est autorisé en cours de grossesse. C’est à la fois un antalgique (contre la douleur) et un antipyrétique (contre la fièvre). Ce médicament a été bien évalué chez la femme enceinte quelle que soit la période de grossesse. La posologie et de 1 à 2 comprimé(s) ou gélules à 500 mg toutes les 4 heures en respectant un intervalle de 4 heures entre les prises et sans dépasser 3 g par jour.
En revanche, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS : ibuprofène, indométacine, diclofénac) et l'aspirine (ou acide acétylsalicylique) sont formellement contre-indiqués à partir du sixième mois de grossesse.
Je suis enceinte et j’ai de la fièvre. Puis-je-prendre un antipyrétique (anti-fièvre) ?
Seul le paracétamol est autorisé ; c’est à la fois un antalgique et un antipyrétique (contre la fièvre).
Je suis enceinte et j’ai des brûlures d’estomac et des reflux acides. Puis-je-prendre antiacides locaux ?
Que ce soient des hydroxydes d’aluminium et de magnésium ou desalginates, leur emploi doit être réduit au strict nécessaire durant toute la grossesse du fait d’un risque de diminution de l’absorption d’autres médicaments ou des nutriments et vitamines. Les conditionnements unitaires permettent d’éviter tout risque d’abus.
Quant aux antiulcéreux (antiH2), dont la ranitidine, ils ne doivent être utilisés lors de la grossesse que si c’est absolument nécessaire.
Je suis enceinte j’ai des brûlures urinaire (cystite). Puis-je-prendre de la fosfomycine ?
Attention, lors de la grossesse, les signes cliniques de l’infection urinaire sont souvent moindres et le risque de complication peut être grave (pyélonéphrite…). Il ne faut donc pas s’automédiquer pour ce type de problème mais consulter rapidement son médecin qui prescrira un antibiogramme puis l’antibiotique approprié. Des tests par bandelettes urinaires de dépistage sont conseillés à intervalle régulier durant la grossesse, le médecin en est chargé au cours de la surveillance.
Je suis enceinte et j’ai des mycoses vaginales. Puis-je-prendre un antifongique local à placer dans le vagin (miconazole) ?
Si la femme a déjà été traitée pour cette affection et qu'elle présente les mêmes signes vaginaux, elle peut s’automédiquer car aucun effet néfaste pour l'enfant à naître n'a été établi avec ce médicament.
Je suis enceinte et j’ai des nausées. Puis-je-prendre un antiémétique ?
Le métoclopramide est l’un des mieux évalués et sera utilisé lors de la grossesse seulement si c’est absolument nécessaire.
La doxylamine est la molécule la mieux évaluée au niveau international au premier trimestre de grossesse mais elle est indiquée en France seulement dans les « insomnies occasionnelles ».
Les antiémétiques en général (métoclopramide, métopimazine, dompéridone, alizapride) figurent parmi les médicaments les plus consommés au cours de la grossesse (25% à 42% selon les études), mais il existe peu d’études les concernant.
Je suis enceinte et je suis constipée. Puis-je-prendre un laxatif ?
Le lactulose est autorisé durant toute la grossesse. Les suppositoires à la glycérine peuvent être utilisés de façon ponctuelle.
Je suis enceinte et j’ai des spasmes (coliques) intestinaux. Puis-je-prendre un antispasmodiques ?
Le phloroglucinol (Spasfon®) est l’un des médicaments les plus utilisés chez la femme enceinte sans qu’aucune donnée alarmante ait été publiée à son sujet.
En revanche, la trimébutine (moins utilisée) ne bénéficie pas de données chez l’Homme en ce qui concerne son utilisation pendant la grossesse, donc est déconseillée au premier trimestre de gestation.
Ces médicaments ne sont utilisés lors de la grossesse que si nécessaire, au second et troisième trimestre de grossesse.
Je suis enceinte et j’ai la diarrhée. Puis-je-prendre un antidiarrhéique ?
Le lopéramide -ralentisseur du transit- est déconseillé pendant la grossesse. Il doit être utilisé seulement pendant le 1er trimestre. Son utilisation pendant le second et troisième trimestre peut entraîner des effets indésirables chez le nouveau-né imposant une surveillance néonatale.
Je suis enceinte, j’ai le nez bouché, puis-je prendre un vasoconstricteur (décongestionnant) ?
Les vasoconstricteurs tels la pseudoéphédrine (molécule la plus étudiée), l’éphédrine et la pnényléphrine peuvent entraîner des effets indésirables (diminution de la perfusion placentaire, voire augmentation du risque malformatif selon certaines études) chez le nouveau-né. Il ne faut pas les banaliser en dépit de leur vente libre.
Je suis enceinte et je tousse. Puis-je prendre un antitussif ?
Il ne faut pas banaliser la prise d’antitussifs qualifiés de centraux (le dextrométhorphane ou la codéine) réservés en cas de toux sèche, très invalidante et/ou rebelle. Ils sont à utiliser de façon strictement ponctuelle.
Ce sont des opiacées qui peuvent induire un syndrome de sevrage à la naissance si leur prise est chronique (continue), et une toxicité néonatale en cas d’ingestion de fortes doses en fin de grossesse.
Quant aux fluidifiants bronchiques (la N-acétylcystéine, la carbocystéine), ils sont mal évalués et n’ont pas fait la preuve de leur efficacité.
Il faut plutôt privilégier le lavage des fosses nasales avec du sérum physiologique et les inhalations d’eau chaude (sans ajout d’huiles essentielles !).
Je suis enceinte et j’ai les jambes lourdes. Puis-je prendre un veinotonique ?
Très largement utilisé pendant la grossesse, il n’existe cependant aucune donnée chez l’Homme.
Il vaut mieux privilégier les bas de contention qui, eux, ont fait la preuve de leur efficacité.
Et ne jamais oublier…
Lors de toute prescription, il est important de préciser à son médecin sa grossesse en cours.
En cas de prise préoccupante de médicament(s) -si vous ne vous saviez pas enceinte par exemple, votre médecin ou tout autre professionnel de santé (pharmacien, sage-femme…) peut contacter alors un centre d'information pour évaluer le risque potentiel du produit pour le fœtus.
Complements alimentaires et homéopathie pendant
la grossesse ... vigilance !
Deux questions au Dr Christine Damase-Michel, pharmacologue (Pharmacologie, Médicaments et grossesse, service de Pharmacologie Clinique (CHU de Toulouse)
Existe-t-il un danger à consommer des compléments alimentaires pendant la grossesse ?
L’acide folique (vitamine B9 ou folates) est au contraire, conseillé en prévention des anomalies du tube neural, à débuter au moins quatre semaines avant la conception (à continuer huit semaines après la conception). Les femmes qui désirent concevoir un enfant devraient donc en consommer préalablement (sans attendre de découvrir la grossesse).
Quant à la cyanocobalamine (vitamine B12), la thiamine, la riboflavine, la pyridoxine, l’acide nicotinique, lesvitamines D, A, E et C, tous peuvent être consommés pendant la grossesse mais il faut savoir qu’ils ont montré leur efficacité uniquement en cas de carence.
Les médicaments homéopathiques sont-ils inoffensifs pendant la grossesse ?
Pas tous, car si les produits homéopathiques en général peuvent être utilisés, il faut cependant éviter les dilutions 1DH et celles contenant de l’alcool.
Il faut aussi être vigilant car quelquefois, l’homéopathie est associée à des principes actifs (association avec l’aspirine par exemple).
Deux questions au Dr Christine Damase-Michel, pharmacologue (Pharmacologie, Médicaments et grossesse, service de Pharmacologie Clinique (CHU de Toulouse)
Existe-t-il un danger à consommer des compléments alimentaires pendant la grossesse ?
L’acide folique (vitamine B9 ou folates) est au contraire, conseillé en prévention des anomalies du tube neural, à débuter au moins quatre semaines avant la conception (à continuer huit semaines après la conception). Les femmes qui désirent concevoir un enfant devraient donc en consommer préalablement (sans attendre de découvrir la grossesse).
Quant à la cyanocobalamine (vitamine B12), la thiamine, la riboflavine, la pyridoxine, l’acide nicotinique, lesvitamines D, A, E et C, tous peuvent être consommés pendant la grossesse mais il faut savoir qu’ils ont montré leur efficacité uniquement en cas de carence.
Les médicaments homéopathiques sont-ils inoffensifs pendant la grossesse ?
Pas tous, car si les produits homéopathiques en général peuvent être utilisés, il faut cependant éviter les dilutions 1DH et celles contenant de l’alcool.
Il faut aussi être vigilant car quelquefois, l’homéopathie est associée à des principes actifs (association avec l’aspirine par exemple).
Quels sont les risques des médicaments maternels
pour le fœtus et l’enfant ?
Les risques encourus par l’embryon puis le fœtus avec certaines molécules vis-à-vis sont la toxicité et la malformation (tératogénicité).
Ils peuvent être importants pour les médicaments sous forme orale (par la bouche) mais aussi avec les collyres, pommades, crèmes ou gels en application locale.
Du 13e au 56e jour, période de la formation des organes, le risque d'atteinte morphologique est le plus important.
Mais d’autres risques tout aussi graves peuvent intervenir en fin de grossesse (fœtotoxicité, symptômes de sevrage chez le nouveau-né). Par exemple, la prise de certains antihypertenseurs (dont le nom du principe actif se termine par « pril » ou « sartan » peut être à l’origine d’une insuffisance rénale sévère chez l’enfant imposant la dialyse chronique voire provoquer la mort in utero. De même, la prise ponctuelle d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en fin de grossesse peut conduire à la mort fœtale.
Cependant, très peu de médicaments sont suffisamment tératogènes pour justifier une interruption de grossesse.
Sur l’ensemble des malformations identifiées à la naissance (2 à 3 % au total), moins de 5 % d’entre elles auraient une origine médicamenteuse.
Les risques encourus par l’embryon puis le fœtus avec certaines molécules vis-à-vis sont la toxicité et la malformation (tératogénicité).
Ils peuvent être importants pour les médicaments sous forme orale (par la bouche) mais aussi avec les collyres, pommades, crèmes ou gels en application locale.
Du 13e au 56e jour, période de la formation des organes, le risque d'atteinte morphologique est le plus important.
Mais d’autres risques tout aussi graves peuvent intervenir en fin de grossesse (fœtotoxicité, symptômes de sevrage chez le nouveau-né). Par exemple, la prise de certains antihypertenseurs (dont le nom du principe actif se termine par « pril » ou « sartan » peut être à l’origine d’une insuffisance rénale sévère chez l’enfant imposant la dialyse chronique voire provoquer la mort in utero. De même, la prise ponctuelle d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en fin de grossesse peut conduire à la mort fœtale.
Cependant, très peu de médicaments sont suffisamment tératogènes pour justifier une interruption de grossesse.
Sur l’ensemble des malformations identifiées à la naissance (2 à 3 % au total), moins de 5 % d’entre elles auraient une origine médicamenteuse.
Source/Auteur : Hélène Joubert en collaboration avec le
Dr Christine Damase-Michel et
le Centre Midi-Pyrénées de Pharmacovigilance, de Pharmacoépidémiologie et d'Informations sur le Médicament





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